Julia Pinget

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PROFIL:

Le voyage est une expérience que j’ai faite de manière tardive et personnelle. Mes parents ne m’ont jamais embarquée, sac à dos et tente, sur les routes. Ce mode-là, je l’ai connu plus tard, influencée par des amis, lorsque leurs récits de voyage avaient  trop attisés ma curiosité. Ma première destination fut le Sénégal et le Mali. Un mois, trente jours. Ce fut court et je repartais avec l’envie de revenir. L’impulsion était là et je savais qu’elle ne me quitterait pas. L’année suivante, je m’envolais au Mexique, rejoindre Frédérique, alors installée là-bas. Plus mûre, moins impressionnée, ce voyage est une de  plus belle expérience qu’il m’a été donné de faire. De ces moments particuliers, je ramenais quelques photographies. Instants précieux, images mentales.
Cela fait deux ans que je ne suis pas repartie, car je me suis mise au défi que la prochaine fois, il y aurait un projet de film, et que dans ma main, j’aurais laisser l’appareil photo pour prendre une caméra.

PARCOURS:

Ma formation, je l’ai faite de manière instinctive, spontanée. Non pas par dilettantisme ou désintérêt, mais par impulsion et conviction. Je voulais me documenter sur le monde, l’international, découvrir et comprendre les enjeux de mon siècle. J’ai suivi Histoire, pour embrasser les réalités passées et acquérir des bases solides pour une lecture du présent. Puis le documentaire est entré dans mon champ de lecture. Mais il n’y a pas de hasard : la photographie occupait une place importante dans mes activités et l’outil vidéo est venu m’apporter la possibilité de croiser ces deux pratiques : se « documenter » et « regarder » le monde. Les trois ans de formation audiovisuelle m’ont donné les outils et les bases de connaissances nécessaires à l’écriture audiovisuelle et à la réalisation. De cette expérience plusieurs films sont nés et d’autant ne demande qu’à être pour continuer de « voir » le monde.

LA GUYANE:

Pendant mes études d’Histoire, je me suis spécialisée sur la période coloniale au XIXème et XXème siècle. Mon aire d’étude géographique comprenait le continent africain et les caraïbes. L’impérialisme, la colonisation, ces mots lourds de signification, ont conditionné et continue d’influencer le regard, la perception de l’autre, de l’étranger, de celui qui est différent et conditionne par là même l’image que nous avons de nous même.
La Guyane est une ancienne colonie et a été assimilée de fait à l’État français. L’histoire entre ces deux mondes, ces deux espaces, induit un certain nombre de contradictions et d’ambiguïtés qui restent actuelles aujourd’hui. Quel sentiment d’appartenance peut-il émerger de ce passé ? Quel regard les habitants de ce département de France ont-il de leur pays ? De quelle nature est le lien qui nous relie à eux et inversement ? Quelle est la mémoire des Guyanais ?
Je souhaite que ce projet de film documentaire m’apporte quelques éléments de réponse et contribue à nourrir ma réflexion sur cette problématique. Je souhaite que notre travail collectif vienne questionner nos regards et enrichir notre perception de l’autre et du monde.

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